::
::
À LA RECHERCHE DE L'EXCELLENCE
Francisco Ferreira
 
 
Fidèle à la tradition familiale, Francisco Ferreira a apporté renom et prestige à la maison Quinta do Vallado, dont les vins sont déjà une référence dans le milieu international.
 
Des tons vifs et chaleureux se détachent des vignes déjà avec leur couleur automnale. Il fait chaud; une chaleur et une intensité qui rappellent les jours d’été dans le Douro, quand les températures dépassent les 40º et la lumière est si intense qu’elle blesse les yeux.  
C’est une couleur surprenante, ocre, entre le jaune et l’orange, qu’on aperçoit en promenant notre regard sur la quinta do Vallado, un des plus fameux domaines de la région; l’architecture de la maison remonte à 1716 ; aujourd’hui elle a été transformée en un espace oeno-tourisme (tourisme rural en plein cœur des vignes) ; ce ton ocre nous accompagne partout : si on regarde la chapelle insérée dans la propriété, portant le blason avec les armes de la famille Taveira, qui en fût la première propriétaire, ou encore tous les labels des vins de plus de prestige (qui ont reçu des prix) tel que le vin rouge Quinta do Vallado-Réserve 2003 et 2004. Mais aussi en regardant les orangers nains qui bordent les sentiers d’un jardin très bien soigné et même les petites cabanes, abris des travailleurs au service de la propriété, présentes dans toutes les parcelles de 70 hectares de vigne qui entourent le domaine. Cet ocre des murs est un ocre spécial, comme on dit dans le pays, né d’un savoir d’autres temps ; on l’obtient à partir d’un mélange de chaux, d’eau et de sulfate de ferre.
 “Quand on applique la première couche, les murs deviennent vert mais après, la peinture oxyde, ce qui lui donne cette couleur finale.
Avec le soleil et au fil du temps, la peinture se brunit et acquiert de diverses tonalités”, explique avec enthousiasme Francisco Ferreira, 34 ans, le responsable pour la gestion agricole et la production de la Quinta do Vallado, une des nombreuses propriétés ayant appartenu à Dona Antónia Ferreira, une dame célèbre dans son temps connue comme “Ferreirinha da Régua”, d’ailleurs son arrière-arrière grand-mère. Située à environ cinq kilomètres de Peso da Régua, la propriété s’étend au long des deux rives du fleuve Corgo, tout près de l’embouchure du Douro ; c’est une rangée d’édifices se succédant – maison, entrepôts, bureaux, caves, chais… –, construits sur différentes assises, de manière à accompagner le terrain irrégulier typique de cette région située sur les berges du Douro.
 
Ce domaine ayant appartenu à la famille Ferreira depuis 1818; durant un siècle, les propriétaires se sont limités à cultiver la vigne destinée à production de Porto de la société également connue et familiale PORTO FERREIRA. Mais quand le domaine est vendu en 1987 au Groupe Sogrape, le Vallado décide de devenir producteur/embouteilleur, et d’avancer avec une marque propre et profiter ainsi de l’excellent terroir, en gagnant du prestige comme plus-value évidente.
 “C’est à partir de 1940, quand mon grand-père devient le seul propriétaire, que la famille commence à faire de grands investissements dans le domaine”, nous raconte Francisco Ferreira. “En premier lieu, on a commencé à investir dans la vigne et à augmenter la superficie de production. Plus tard, avec mon père, Jorge Cabral Ferreira, la société a acquis encore des vignes et a implémenter plusieurs infrastructures comme, par exemple, la construction de la cave qui est encore là de nos jours et qui a été modernisée récemment. ”
 
Mais à la mort de Jorge Ferreira (1992), la gestion du domaine est confiée à son beau-frère, Guilherme Álvares Ribeiro et à sa sœur, Maria Antónia Ferreira. “J’ai toujours entendu dire que de leur génération, aussi bien mon père que José António Rosas furent de grands visionnaires et amoureux du Douro”, se souvient Francisco. Et il ajoute, sans cacher son orgueil: “Il y a trente ans, mon père a acheté la Quinta da Leda pour augmenter le patrimoine de Porto Ferreira et José Rosas a acheté pour Ramos Pinto la Quinta de Ervamoira, deux propriétés situées dans le Douro Supérieur, dans un lieu désert et de difficile accès. On leur disait, dans le temps, qu’ils étaient fous de se mettre dans une entreprise de la sorte. Aujourd’hui les deux domaines sont le porte-drapeaux des deux sociétés, produisant des vins de haute qualité.” 
Des cinq enfants de Jorge Ferreira, Francisco a été le seul qui a hérité la même passion de son père pour le Douro et ainsi, en 1995, même que partiellement, il accompagne soit les travaux de  restructuration des vignes, soit les vendanges, avec la ferme volonté de vouer son futur travail à la Quinta. Il était alors étudiant à l’Université de Tras-os-Montes e Alto Douro, inscrit à un cours de Génie Agricole, qui lui permettra d’obtenir le diplôme d’ingénieur. 
 

Dans la Quinta do Vallado, la primatie de la qualité s’impose, y compris, dans les petits grands détails tel que le choix e l’obturateur le plus adéquat pour les vins ici produits: évidemment, le bouchon en liège naturel est roi.

En 1997, il voue entièrement son travail à la Quinta; c’est durant cette année qu’il conclut ses études et que la société produit son premier vin Quinta do Vallado Douro (rouge et blanc)- une production de 17 000 bouteilles de vin rouge et de 9000 bouteilles  de vin blanc. Depuis lors, avec la collaboration de l’œnologue Francisco Olazabal du domaine Quinta de Vale Meão, et lui aussi parent de Dona Antónia Ferreira, la Quinta do Vallado ne cesse de lancer sur le marché de bons vins dont la qualité s’améliore d’année en année.
 
Si, actuellement, la production du Vallado Rouge atteint les 120.000 bouteilles, les récoltes de 2003 et 2004 du haut de gamme de la marque- Quinta do Vallado Reserva –, ont bisé deux des prix annuels internationaux de plus haut prestige, la médaille d’or de l’ «International Wine Challenge»  et le «Douro Trophy». Et la revue nord-américaine Wine Spectator a attribué 94 points au vin
Reserva 2003, en lui assurant une place honorable (le 28ème) au ranking annuel des Top 100.
Ceci explique pourquoi, ces deux œnologues de la Quinta do Vallado font parie du groupe restreint connu par Douro Boys, la nouvelle génération d’œnologues qui, grâce à leur engagement professionnel, ont apporté à la région notoriété et beaucoup de prix et de médailles.
Francisco réfère encore que le Reserva est lancé seulement dans des années exceptionnelles ; il s’agit d’une vigne plus vieille qui produit en petite quantité, mais qui donne une grande structure au vin: “de plus, parce que qu’elle est constituée par plusieurs cépages –raisins différents, elle est capable de produire un vin de grande complexité. Comme ajoute Francisco, « nous avons introduit aussi le raisin Touriga Nacional provenant des 45 hectares que la Quinta a replanté avec une nouvelle vigne ; mais on s’aperçoit que c’est un réserve que si le vin démontre être de très bonne qualité, ce qui a été le cas des récoltes de 2003 et de 2004». Et il insiste, convaincu: “Pour nous, ce qui compte est la qualité ; la quantité est toujours secondaire.”
 
On comprend pourquoi le premier Reserva ne sort qu’en 1999, déjà après la modernisation du vieux chai construit pour vinifier des grandes quantités de vin de Porto.  « Ce chai ou cette cave de dimension plus petite a été restaurée en pensant à des quantités moindres mais de plus grande qualité, pour assurer un plus grand contrôle de la vinfication (température, remontages,....), enfin, pour que nous vinifions un vin plus parfait et où l’on puisse mieux contrôler les différentes phases du processus ». Après cette étape, nous avons le Réserve de 2000, celui de 2003 et celui de 2004 ; la production de ce dernier a atteint les 18 milles bouteilles qui se sont vendues d’immédiat. “Si on avait produit le double, on aurait tout vendu également”, avoue Francisco, en référant aussi que le Vallado exporte cinquante pour cent de la production totale, surtout pour les Etats-Unis, le Brésil, Canada et Angleterre.
Il faut ajouter encore à ce portfolio, non seulement les vins Vallado (rouge et blanc) – les seuls vins portugais qui approvisionnent le fameux club anglais de football de Chelsea –, tels que les deux Porto tawnies de 10 et 20 ans d’âge, des vins exceptionnels, et qui sont le fruit d’un héritage de Jorge Ferreira: “Mon père, en tant qu’administrateur de la société Porto Ferreira et de ce domaine, durant toutes les années de production de bonne qualité, gardait toujours un stock de 15 à 20 mille litres de vin de Porto. Ce qui explique que, après sa mort, on ait hérité une grande quantité, ce qui nous a mené à lancer, il y a quatre ans auparavant, ces deux portos de grande excellence.”
 
À la Quinta do Vallado, la primatie de la qualité s’impose, y compris, dans les petits détails comme celui du choix de l’obturateur adéquat pour préserver nos vins. “Évidemment, le bouchon en liège naturel ” défend Francisco Ferreira. «C’est le bouchage idéal, si on veut préserver des vins de garde de haute et moyenne/haute gamme. Pour moi, le bouchon en liège est le meilleur obturateur qui existe ; c’est de plus un produit naturel qui répond aux besoins des consommateurs, de plus en plus engagés dans le respect de l’environnement, car nous nous efforçons de polluer le moins possible ». D’ailleurs dans notre maison de Vallado, le degré d’exigence est tellement élevé, que chaque lot de bouchons est soumis à une analyse rigoureuse faite par une société indépendante qui examine les bouchons et garantir l’absence de défauts indésirables et susceptibles de contaminer le vin. Et alors Francisco sourit et conclut : « Nous faisons tout pour l’excellence de notre vin ».
 
Texte: Leonor Vaz Pinto
leonorvazpinto@gmail.com
Photos: Victor Machado
vmachado@iol.pt
Année: 2006